Historique de l'église Saint-Jean - Saint-Charles du Toulon à Périgueux.

Le quartier du Toulon tire son nom d’une source, et le quartier possède un très vieux passé : on sait qu’en 1203, existait là un ermitage. Le clos de l’Ermitage relevait du chapître cathédrale de Périgueux, comme dépendant de la paroisse Saint-Martin. Un bas-relief mutilé en pierre (Annonciation, fin du XVIe s.), provenant de cet ermitage, est conservé au Musée du Périgord. Une « Eglise-Charles » (dont le nom ferait référence à Charlemagne) était proche d’une léproserie, selon le cartulaire de Chancelade, du temps d’Etienne, abbé de Chancelade de 1205 à 1217.


Le quartier du Toulon était une zone rurale, au départ, avec des marécages. L’arrivée de la Compagnie de chemin de fer du Paris-Orléans a véritablement été à l’origine du quartier. La Compagnie du PO a amené un gros déplacement de population sur Périgueux, et en particulier sur Saint-Martin et le Toulon. Cette partie du XIXe s. a vu d’innombrables constructions de maisons. Pendant plusieurs années, le quartier du Toulon était paroisse de Saint-Martin.
Devant l’augmentation des habitants et tout ce déploiement d’urbanisme, l’évêque de Périgueux, Monseigneur Bougouin fonda la paroisse St-Jean-St-Charles du Toulon, en date du 10 août 1907, fête de la Saint-Laurent. Par décret du président de la République, la construction en avait été autorisée en 1892, construction « d’un édifice destiné à servir d’église pour la célébration du culte au quartier du Toulon à Périgueux. Cette église prendra la dénomination de chapelle de secours. Le culte y sera célébré sous la surveillance et les directives du curé de Saint-Martin, à Périgueux, chef-lieu paroissial ».

Quelque temps après, un prêtre, Noël Loizeau, fut nommé « chapelain du Toulon ». Ce seront alors « les grandes heures du Toulon », car l’Abbé Loizeau fut un missionnaire, un prêtre proche de la population laborieuse de ce quartier et fonda quantité d’oeuvres : l’OEuvre du pain des pauvres, placée sous le vocable de S. Antoine de Padoue, fondée avec un religieux le Père Marie-Antoine : grâce aux offrandes des fidèles, chaque mois, quatre cents livres de pain blanc étaient distribuées aux nécessiteux du Toulon et alentours. L’Abbé Loizeau créa les Enfants de Marie, la Confrérie du Rosaire et bien d’autres groupes de prières. C’était un entraîneur d’hommes. Avec l’Abbé Polydore, il conduisait des centaines d’hommes en pèlerinage à Château-L’Evêque au lieu d’ordination de S. Vincent de Paul.
C’est au Toulon également que vit le jour, grâce à la Compagnie du PO, l’oeuvre de la goutte de lait, installée dans les locaux des ateliers, au 25 de la rue d’Angoulême, et qui fournissait aux mères du lait stérilisé en biberon. Les soeurs de St-Vincent-de-Paul y géraient également un cours d’enseignement ménager, un patronage pour enfants de quatre à quatorze ans, et un réfectoire pour les cheminots. L’Abbé Loizeau fonda, dès son arrivée, une Conférence St-Vincent-de-Paul.

Ce prêtre fondateur, tout comme l’Abbé Polydore, son voisin de Saint-Martin, fut un pionnier et un authentique missionnaire plein de zèle en ce XIXe s. qui connaissait une révolution de société avec l’arrivée du chemin de fer.